lunedì 11 febbraio 2013

Grand corps malade - J'attends... Le 'Slam' de Fabien Marsaud

QU'EST-CE QUE LE SLAM ?      Par Yohan LEFORESTIER                                   Source: Le Milieu 

Le mot slam désigne en argot américain "la claque", "l'impact", terme emprunté à l’expression to slam a door qui signifie littéralement « claquer une porte ». Dans le cadre de la poésie orale et publique, il s’agit d’attraper l’auditeur par le col et de le « claquer » avec les mots, les images, pour le secouer, l’émouvoir.


Poésie vivante issue des performances des poètes de la Beat Generation (Kerouac, Ginsberg, Burroughs, Cassady), puis appropriée par les poètes de la rue, les rappeurs voulant sortir du cadre du Hip-Hop, il fut initié au début des années 1980 par Mark Smith, à Chicago, sous forme de lectures publiques, pour gagner en popularité et traverser l’Atlantique dans le milieu des années 1990.
Le slam donne la possibilité à tous de dire de la poésie à l’occasion de soirées organisées dans des cafés et des lieux publics. Que ce soit lu, récité ou improvisé, le slam correspond à un moment au cours duquel on peut dire n’importe quelle forme de poésie ou quelque chose qui a à voir de près ou de loin avec cet art. Car celui-ci n’est nullement une forme particulière de poésie. Le slam est un moment à l’occasion duquel on va dire de la poésie dans toutes ses formes : rimées ou pas, métrées ou pas, issues de n’importe quel courant poétique.
Le slam offre une sorte de syncrétisme, parfois surprenant, dont l’enjeu n’est pas l’absolu littéraire. C’est une poésie de l’instant, qui bien souvent n’a pas vocation à dépasser le cadre de cet instant. La scène slam est un lieu de vie, de pensée, de réactions spontanées. Un lieu de croisement aussi, d’expérimentations. Le slam rend possible à l’occasion de la déclamation d’un poème, la reconstitution d’un tissu social aujourd’hui mis à mal par tout ce que notre monde fabrique d’inégalité, de violence et d’incompréhension. Le slam est un lieu d’expression poétique, d’expression, de tolérance.


La bio de Grand Corps Malade 
Fabien Marsaud, alias Grand Corps Malade est un slammeur né le 31 juillet 1977 au Blanc-Mesnil en Seine-Saint-Denis. 
En juillet 1997, à la suite d'un mauvais plongeon dans une piscine alors qu'il était animateur de colonie de vacances pour la ville de Saint-Denis, Fabien Marsaud se déplace des vertèbres et apprend qu'il ne remarchera jamais. En 1999, il retrouve l'usage de ses jambes après un an de rééducation. C'est en référence à cette expérience douloureuse qu'il a pris le pseudonyme Grand Corps Malade. 
 En octobre 2003, il fait son premier slam dans un bar parisien. Par la suite, un de ses amis (S Petit Nico) lui proposa de transposer ses morceaux en musique, d'où la création le 27 mars 2006 de son premier album, Midi 20, dont le titre correspond à celui d'un morceau où il réduit la vie à l'échelle d'une journée. Il y évoque sa ville, Saint-Denis, son amour de la vie, un chagrin d'amour mais aussi la douleur liée à son accident. Ce premier album, très médiatisé, a permis au public français de découvrir le slam. Parfois a capella, souvent accompagnés d'une mélodie minimaliste en arrière-plan, ses morceaux sont déclamés avec une voix naturelle et parfaitement compréhensible. Une grande importance est en effet accordée à la narration, et à un humour mélant les clins d'oeil aux figures de style. 
Source: Wikipédia  
J'attends un peu d'être en retard avant d'me sortir du lit
Pas d'réveil en fanfare, c'est un état d'esprit
J'attends qu'le lait dans l'bol ait la couleur des céréales
Et c'est réel en général pas d'réveil idéal
J'attends qu'la journée m'attende avant d'la démarrer
J'aime bien tourner un peu en rond quand mon programme est carré
J'attends qu'les infos dans l'poste annoncent de bonnes nouvelles
J'pourrais attendre longtemps, je préfère me faire la belle
Alors j'attends l'ascenseur, et puis j'attends les feux verts
J'attends des sourires sincères et quelques esprits ouverts
J'attends la fin des bouchons pour espérer être à l'heure
A un rendez-vous à la con, j'attends d'être de bonne humeur
J'attends qu'la journée avance, pour me sentir avancer
Nonchalance insensée et patience associée
Insouciant des heures qui glissent, le temps restant relatif
En fait j'attends concrètement de retrouver un objectif

J'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends…
J'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends…

J'attends que l'inspiration vienne frapper à ma feuille
J'attends que le besoin d'écrire ait déjà passé l'seuil
Et quand j'attends, j'regarde, et parfois j'désespère
De voir le monde autour de moi qui tourne la tête à l'envers
J'attends qu'y'ait plus besoin en France du CV anonyme
Pour embaucher des français qui ont une autre origine
J'attends la fin d'l'hypocrisie et sans priser j'attends
La fin d'un système qui avoue son racisme latent
J'attends aussi bêtement la fin du pouvoir absolu
Des actionnaires, des dividendes, des profits, c'est tendu
Comme la vie des hommes dépend du mot rentabilité
Derrière les chiffres se jouent des drames dans une étrange banalité
Alors j'attends et j'observe et j'me surprends à m'taire
D'une patience coupable j'attends et j'entends les charters
J'attends et j'étends l'analyse sur l'ensemble de la période
Et je constate que l'être humain n'est vraiment plus à la mode

J'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends…
J'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends…

Le fait d'attendre c'est bon signe, c'est qu't'as du temps devant toi
Peut-être plus devant qu'derrière, enfin c'est c'que tu crois
Car je sais pas c'que s'ra ma route dans les prochains jours
Elle peut très bien s'arrêter net dès l'prochain carrefour
Alors j'attends plus d'être pressé mais je m'empresse de n'plus attendre
Je dois m'rendre compte que chaque seconde n'a aucun compte à m'rendre
Puisque le temps n'm'attend pas, moi je l'attends d'moins en moins
Et je remets à aujourd'hui c'que j'ai envie de faire demain
Alors quand j'peux j'agis et quand j'le sens j'm'exprime
Ca changera p't'être pas l'monde mais si tu sais lire entre les rimes
Tu comprendras ma pensée et mes façons d'avancer
Avant qu'il soit trop tard je me prépare et j'essaie
J'attends toujours l'ascenseur, j'attends toujours les feux verts
Mais j'ai le sourire sincère et je garde l'esprit ouvert
Alors je rentre chez moi enfin pour une soirée sabbatique
Et j'attends l'sommeil serein sur un vieux son d'lunatique

J'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j'attends…

Alors j'attends d'moins en moins et parfois c'est pratique
Quand c'est trop long j'attends même pas la fin d'la musique

Nessun commento:

Posta un commento